mercredi 26 novembre 2014

Spring Court, les tennis de Lennon fabriqués à Belleville

L'entrée de l'usine Spring Court, au fond de l'impasse Piver (septembre 2014)
5 passage Piver 
Métro Belleville
 

L’usine Spring Court figure incontestablement parmi les plus intéressantes de Paris. 
Même si tout n’est pas d’origine, la structure initiale du lieu a été conservée, et fournit un bon aperçu de ce que pouvait être la petite industrie du 11e arrondissement. 

Au fond de l’impasse Piver, un imposant portail permet d’arriver sous une verrière, puis dans une grande cour entourée de bâtiments industriels. Les premiers à droite et à gauche datent de la fin du XIXe siècle. Ceux du fond remontent, eux, aux années 1930, un incendie ayant ravagé les constructions initiales. Un linteau de style Art nouveau marque le siège de la « Société Th. Grimmeisen ». 

Typique de l’époque également, une bâche de stockage d’eau était installée sur le toit, en cas d'incendie.

En repartant, ne pas manquer au sol, sous la verrière, la balance utilisée pour peser les marchandises.


En-tête de lettre, 1912. L'usine à vapeur Th. Grimmeisen produit déjà des chaussures

La naissance de l’industrie remonte ici aux années 1860-70, marquées par la guerre entre la France et la Prusse. Les Grimmeisen, des fabricants de tonneaux, choisissent alors de quitter l’Alsace qui devient allemande. 

Dans le quartier de Belleville, ils achètent à M. Piver ce qui n’est alors qu’un terrain vague, et y font construire une usine. Des tonneaux, la famille passe ensuite aux bouchons en caoutchouc, aux lanternes pour l’éclairage public, aux capots, radiateurs et réservoirs pour l’automobile, ainsi qu’aux bottes en caoutchouc et aux chaussures. 

Publicité pour les baskets Spring-Court (1958)
C’est dans ce dernier domaine que les Grimmeisen obtiennent le plus grand succès. En particulier avec la Spring-Court, une chaussure de tennis créée en 1936 par Georges Grimmeisen. Lavable et ventilée, elle est conçue pour jouer sur terre battue, d’où son nom : « Spring » pour le ressort, «Court» pour les courts de tennis.

Prisée des joueurs de tennis, notamment à Roland-Garros, elle trouve un nouveau public dans les années 1960 et 1970. 


Ainsi, c’est un modèle fabriqué passage Piver que porte John Lennon pour son mariage avec Yoko Ono en 1969. 

Plus tard, en 1984, Serge Gainsbourg réalise un clip publicitaire pour la marque.

Sous la verrière (septembre 2014)
Malgré tous les efforts des Grimmeisen, produire des tennis en plein Paris devient, au début des années 1980, trop coûteux. En 1984, la production est délocalisée en Thaïlande.

La famille fondatrice, toujours propriétaire, n’abandonne pas Belleville pour autant. Elle réhabilite les locaux, et supprime certains étages afin d’obtenir de plus grands espaces. 


Le siège de la société Th. Grimmeisen est maintenu, avec une boutique, mais les lieux sont désormais ouverts à d’autres entreprises. L’agence de photographie Magnum y reste neuf ans, suivie par des architectes, des urbanistes, des maisons de disques, des sociétés d’audiovisuel, etc. 

Un linteau décoré typique des années 1930 (septembre 2014) 

dimanche 21 septembre 2014

La Cartoucherie de Vincennes, de la poudre au Soleil

Le Théâtre du Soleil joue Shakespeare (septembre 2014)
Route du Champ de Manoeuvre
Métro: Château-de-Vincennes 

A la Cartoucherie de Vincennes, les troupes de comédiens ont remplacé celles de soldats. Mais pendant plus d’un siècle, Vincennes a accueilli à la fois une grosse caserne stratégiquement située aux portes de Paris, et une usine d’armement cruciale.   

Tout commence au XVIIIème siècle. Les murailles qui entouraient le bois de Vincennes et en faisaient un rendez-vous de chasse privilégié pour la cour sont abattues, tandis que l’armée investit le château. En 1796, le directoire y déplace l’arsenal de Paris. Peu à peu, l’armée étend ses installations dans le bois, au-delà du château. Un atelier de poudre voit le jour, ainsi que des casernes, des champs de tir et de manœuvres, etc. 

L'entrée de la Cartoucherie (septembre 2014)
En 1860, l’Etat donne le bois à la ville de Paris, qui l’intègre au 12ème arrondissement. Une partie du terrain est alors aménagée en promenade, une autre demeure occupée par l’artillerie et ses ateliers.

En juillet 1871, durant la Commune, ceux-ci sont détruits par une formidable explosion. Les bombes, les cartouches, les obus emmagasinés là alimentent le plus impressionnant des feux d’artifices. « Tout cela sifflait, bruissait, miaulait, grondait dans l’air obscurci par une immense colonne de fumée », rapporte le journaliste du Monde Illustré. Accident, dit-on à l’époque. Mutinerie d’un groupe d’irréductibles communards, affirmeront certains plus tard.


Travaux à l'intérieur du Théâtre du Soleil (septembre 2014)
Les bâtiments actuels datent de 1874, année où la Cartoucherie est reconstruite. Une série de vastes ateliers de fer et de brique, alignés aujourd’hui autour d’une pelouse. De grandes verrières laissent pénétrer la lumière naturelle.

Durant des décennies, c’est ici qu’est fabriquée la poudre et que sont assemblées les cartouches utilisées par une grande partie des militaires français. 


Un travail effectué sous haute surveillance. En 1897, une ouvrière est envoyée en prison pour avoir dérobé deux grammes de la nouvelle poudre du fusil Lebel à la demande de son amant. « La composition de cette poudre est un de nos plus importants secrets militaires », argumente le colonel Reibell, qui commande alors les établissements d’artillerie de Vincennes.


Pli destiné au colonel "inspecteur permanent des fabrications de l'artillerie". Dans l'angle gauche, le tampon de l'Atelier de fabrication de Vincennes, appellation officielle de la Cartoucherie
 
La guerre de 1914 métamorphose la cartoucherie. En quelques mois, l’activité est multipliée par cinq, puis dix, afin de fournir les munitions nécessaires aux « poilus ». Les anciens ateliers ne suffisent plus. Des dizaines de baraques sont ajoutées dans le bois. Dès 1914, une crèche et une garderie sont aussi ouvertes un peu à l’écart pour les enfants des ouvrières. Une cuisine coopérative de 2000 places suit en 1917.

Au printemps 1918, les effectifs de l’ensemble des ateliers atteignent 4160 personnes le jour, et 1581 la nuit, indiquent Alain Marzona et Emmanuel Pénicaut (« Vincennes dans la Grande Guerre », Revue historique des armées, 2008). 


Et ce personnel sait se faire entendre. Au milieu de la guerre, une courte grève des "munitionnettes" oblige l’armée à augmenter la paye.


Rails anciens bien visibles à l'intérieur d'un des bâtiments

Après l’armistice de 1918, l’Atelier de fabrication de Vincennes se reconvertit en partie dans un autre type de douilles, celles des lampes à incandescence. Qu’elle soit civile ou militaire, l’activité industrielle est cependant arrêtée un peu avant la seconde guerre mondiale.

Un temps désaffectée, la Cartoucherie est transformée pendant la guerre d’Algérie en centre de rétention des Nord-Africains. Puis elle est laissée à l’abandon, squattée par des jeunes et des prostituées, avant d’accueillir peu à peu cinq compagnies théâtrales.


L'équipe du Soleil en plein travaux d'installation en 1970 (source: http://shibaigoya.over-blog.com/6-index.html)

A partir d’août 1970, le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine y répète sa pièce 1789 La Révolution, avant de s’y installer définitivement, au prix de gros travaux de nettoyage et de rénovation effectués par les comédiens eux-mêmes. Le Théâtre de la Tempête, l’Epée de Bois, l’Atelier du Chaudron puis le Théâtre de l’Aquarium suivent rapidement.

Avec un tel succès que la Ville de Paris finit par renoncer à son projet de raser la Cartoucherie et d’implanter à la place une piscine olympique ou un Marineland. Place au théâtre, définitivement.



Devant le Théâtre de la Tempête (septembre 2014)

Le Théâtre de l'Aquarium (septembre 2014)

lundi 25 août 2014

Scientia, le calcium de la rue Chaptal

La porte du 21 rue Chaptal (août 2014)

21 rue Chaptal
Métro Blanche ou Pigalle

Rue Chaptal, à deux pas du charmant musée de la Vie romantique, ne manquez pas le linteau "Laboratoire des produits Scientia". Derrière la porte à deux battants rouges se trouvait une fabrique de sels de calcium et de bien d'autres médicaments. 

Il s’agit d’un des derniers vestiges des laboratoires pharmaceutiques qui ont fourmillé dans Paris jusqu’à la deuxième guerre mondiale, comme Bottu rue Pergolèse, Fumouze au Faubourg-Saint-Denis, Lebeault rue du Bourg-l’Abbé, Midy rue du Colonel-Moll, Troncin et Humbert rue Nollet, ou encore Vaillant rue Jacob.

La fabrication de médicaments est un secteur qui peut se révéler très rentable et qui, à l’époque, ne nécessitait pas d’énormes moyens. En France, de nombreux laboratoires sont ainsi nés au fond d’une officine, de la créativité du pharmacien, alors qu’en Allemagne, ils sont plus souvent issus de la puissante industrie chimique.

En-tête de lettre de juin 1923. Le laboratoire est alors encore installé 10, rue Fromentin

Trois hommes se trouvent à l’origine de Scientia. 

Le premier et le plus marquant se nomme Edouard Jéramec. Ingénieur polytechnicien, il s’illustre en 1870 en faisant prisonnier un officier prussien lors de la bataille de Sedan. Puis il se lance dans les affaires. Avec succès. "Peu de carrières industrielles ont été plus remplies que celle-là", commente Le Figaro en 1910, lorsqu’il est promu commandeur de la Légion d’honneur. 

Evoquant "l’une des situations les plus considérables" du moment, le quotidien égrène la liste des principaux postes que cet homme occupe alors, au faîte de sa puissance: président de la Compagnie française des câbles télégraphiques, PDG de la Compagnie générale des voitures à Paris, il est aussi administrateur de la Compagnie générale transatlantique, de la Société des chantiers de la Loire, de la Société industrielle des téléphones et de nombreuses sociétés de tramways, et membre du comité consultatif des chemins de fer

En 1913, un navire câblier portant son nom est même mis à flots, alors qu'il est encore vivant. Parmi ses proches figure en outre un député puis ministre en vue, Alexandre Millerand, futur président de la République. Au total, un magnifique exemple de réussite de la bourgeoisie juive parisienne, intégrée et convertie.


Publicité pour la Tricalcine, le médicament vedette du laboratoire

En 1904, quand il fonde Scientia, à 58 ans, Edouard Jéramec pèse déjà lourd. Il a notamment investi dans des eaux minérales aux multiples vertus médicales, en Espagne et à Pougues, dans la Nièvre. C’est ce qui l’amène à s’intéresser à l’industrie pharmaceutique, en particulier aux poudres de calcium susceptibles, croit-on, d’améliorer l’état des tuberculeux. 

"Il s’associe alors avec son ami Adolphe Beder, et tous deux font appel à Eugène Perraudin", un chimiste et pharmacien de la Nièvre installé à Paris, relatent Cécile Raynal et Thierry Lefebvre dans l’article qu’ils ont consacrés à cette aventure (1). Les trois hommes créent le laboratoire des Produits Scientia, le "savoir" en latin. "Le plus gros investissement financier est réalisé, on s’en doute, par Jéramec", précisent Raynal et Lefebvre.

Publicité pour le Calcoléol, une spécialité de Scientia à base d'huile de foie de morue
Là encore, le succès est au rendez-vous, grâce en particulier à la Tricalcine. Utilisé pour la "recalcification de l’organisme", le premier médicament du nouveau laboratoire reste longtemps son best-seller. Publicité dans les journaux, cadeaux aux médecins : les dirigeants déploient un marketing efficace en faveur de ce "reconstituant" présenté comme "le plus puissant, le plus scientifique, le plus rationnel"

Suivront bien d’autres traitements, tels que la Peptalmine, la Globexine, le Calcoléol, mais aussi des sels effervescents de Pougues, la station thermale développée par Edouard Jéramec, et même des parfums. 


Colette Jéramec en 1925 (détail d'une photo de Man Ray)
En 1916, Edouard Jéramec se suicide. Il était devenu aveugle, et la mort tragique de son fils André au front, en août 1914, l'avait profondément marqué. C’est sa fille Colette, mariée à l’écrivain Pierre Drieu La Rochelle puis au surréaliste Roland Tual, qui représente alors les intérêts familiaux dans l’affaire, désormais gérée par le duo Perraudin-Beder. 

Et, la guerre achevée, l'expansion reprend. Initialement installé 42 rue Blanche, Scientia déménage d'ailleurs au bout de quelques années 10 rue Fromentin, avant de trouver vers 1925 des locaux plus spacieux rue Chaptal, toujours dans le même quartier.

Rue Chaptal, Scientia survit à la deuxième guerre mondiale et reste un laboratoire actif jusque dans les années 1950. Sa trace s'évanouit au cours de la décennie suivante. 


Petite annonce publiée par Scientia
dans Le Matin en septembre 1940


1.- "Les laboratoires des Produits Scientia et les eaux minérales de Pougues et de Carabana", Revue d'histoire de la pharmacie, n° 371, 3e trimestre 2011, p. 337-350.

dimanche 22 juin 2014

Panhard et Levassor, un siècle d’industrie avenue d’Ivry

L'usine Panhard réhabilitée, surmontée d'un conteneur à peau de verre et de métal ouvragé (doc AREP)
19 avenue d’Ivry 
Métro : Porte d’Ivry
 

Tout au bout de l’avenue d’Ivry, le bâtiment de briques rouges qui fait l’angle avec la porte d’Ivry a été profondément remanié, et surmonté d’une sorte de conteneur ocre en verre et en métal perforé on ne peut plus moderne. Mais la plaque restée sur le mur atteste qu’il s’agit d’un lieu historique : « Ici naquit l’industrie automobile en 1891 ».

Ce bâtiment constitue le dernier vestige des immenses usines Panhard et Levassor qui occupèrent des milliers d’ouvriers dans le quartier. 


Plaque sur un moteur de scie Périn-Panhard
Retour en arrière. René Panhard, d’origine bretonne, est un ingénieur centralien, qui a commencé par travailler chez un spécialiste du bois, Jules Périn, dont il est devenu l’associé. 
Devant le succès des machines à scier le bois Périn-Panhard, les locaux du faubourg Saint-Antoine deviennent trop exigus, et après la guerre de 1870, ils achètent un vaste terrain avenue d’Ivry pour y ouvrir une usine moderne.

La direction en est confiée à Emile Levassor, un condisciple de René Panhard à Centrale. A la mort de Périn, en 1886, la société devient Panhard et Levassor. Cette transformation est rapidement suivie d’un changement de métier. En 1889, les deux associés obtiennent en effet le droit d’exploiter les brevets que vient de déposer l’ingénieur allemand Gottlieb Daimler sur le moteur à pétrole.   


Le modèle 1891
Sur cette base, ils construisent avenue d’Ivry la première voiture mue par un moteur à explosion fonctionnant au pétrole. « Une sorte de phaéton à deux places monté sur quatre roues et portant sa chaudière sur le train d’avant », décrit la revue Le Voleur illustré en août 1891, alors que les premiers exemplaires n’ont pas encore été livrés aux clients.

« En la construisant, MM. Panhard et Levassor ont certainement donné une bonne solution du problème de la voiture à vapeur propre à circuler sur les routes non munies de rails », ajoute Le Voleur illustré.

L’invention des deux Français marque en effet le début de l’industrie automobile, et permet à leur propre entreprise de décoller, surtout lorsque, quelques années plus tard, ils simplifient leur modèle et placent le moteur à l’avant, une révolution décisive.


L'usine Panhard et Levassor en février 1917 (doc ECPAD)
Dix ans après la mise au point de la première voiture, l’usine de l’avenue d’Ivry est devenue un ensemble considérable, « presque une ville coupée du monde extérieur », relève un journaliste de The Motocar dépêché sur place au printemps 1901. 

Passé la porte d’entrée, c’est tout un quartier qui s’offre à la vue, avec les bureaux de l’administration à droite, la résidence du directeur Arthur Krebs à gauche, et surtout « des routes aux vastes dimensions, bordées par la hauteur des ateliers de chaque côté » : forge, fabrique des machines-outils, atelier de mécanique, atelier de roues du bois, magasin de pièces finies, montage des carrosseries, atelier d’essai, de réparation, etc. L’usine est alimentée en eau de source par des puits creusés sur place.

Cette ville dans la ville est en partie réorganisée à partir de 1913 pour mettre en place des méthodes tayloristes, sous l'impulsion de Charles de Fréminville, directeur technique et beau-frère d'Arthur Krebs. Après un voyage d'étude aux Etats-Unis au cours duquel il visite de nombreuses usines et rencontre Frédérick Taylor, Charles de Fréminville devient l'un des principaux propagandistes en France de ces techniques d'organisation scientifique du travail. Avec l'usine Panhard et Levassor comme vitrine.

Publicité pour la Panhard 24,
dernier modèle de l'entreprise
L'entreprise, célèbre notamment pour les courses automobiles auxquelles elle participe, prospère jusqu’aux Trente glorieuses, avec des modèles à succès comme la Dyna et la PL 17, mais aussi des camions et des bus. 
En 1965, longtemps après la mort des deux fondateurs, la société Panhard et Levassor finit néanmoins par être absorbée par son concurrent Citroën. La production est stoppée deux ans plus tard. Le 20 juillet 1967, la dernière voiture, une Panhard 24 bleue, sort des chaînes.

Depuis, une grande partie des ateliers a été rasée, pour laisser place aux tours des Olympiades. 


De 2007 à 2013, les bâtiments restants dans le triangle rue Régnault-rue Nationale-Avenue d’Ivry ont été réhabilités et totalement remodelés par le groupe d’architectes et d’urbanistes AREP, qui y a installé son siège, ainsi qu’une crèche et un accueil de jour pour des sans domicile fixe. 

La façade principale de l’ancienne usine, en brique et meulière, est devenue un élément intérieur d’un vaste espace de bureaux. Dans l’atrium, une superbe Panhard noire rappelle le siècle industriel qui s’est déroulé ici.  
L'atrium, avec une superbe Panhard noire (doc AREP)
La plaque posée en 1991 pour le centenaire (photo 2011)
L'usine pendant les travaux de réhabilitation (2011)

La pointe du triangle après réhabilitation (doc AREP)