![]() |
| La façade de la maison Claverie (d'autres images sur le site Paris à nu) |
Métro: Louis Blanc
En matière de publicité, la fabrique de corsets Claverie n’a jamais fait dans la dentelle. "Les corsets de A. Claverie (toujours établis sur mesure) restent la première marque de l’univers", affirme sans barguigner une page publiée dans la revue Les Annales en 1921. L’annonce porte un titre tout aussi explicite : "Les établissements A. Claverie 234, faubourg Saint-Martin, Paris, sont les plus importants du monde entier."
Fameuse pendant plus d’un demi-siècle pour ses bandages, corsets, gaines, jambes artificielles, ceintures et soutiens-gorge, la marque Claverie a aujourd’hui disparu.
En matière de publicité, la fabrique de corsets Claverie n’a jamais fait dans la dentelle. "Les corsets de A. Claverie (toujours établis sur mesure) restent la première marque de l’univers", affirme sans barguigner une page publiée dans la revue Les Annales en 1921. L’annonce porte un titre tout aussi explicite : "Les établissements A. Claverie 234, faubourg Saint-Martin, Paris, sont les plus importants du monde entier."
Fameuse pendant plus d’un demi-siècle pour ses bandages, corsets, gaines, jambes artificielles, ceintures et soutiens-gorge, la marque Claverie a aujourd’hui disparu.
L’atelier-boutique du faubourg Saint-Martin est, lui, demeuré dans son jus. Avec ses vitrines anciennes, ses vitraux, son escalier en acajou, ses comptoirs et ses lustres en bronze doré, le lieu, inscrit à l’inventaire des monuments historiques depuis 2011, mérite le détour.
Il a d’ailleurs été utilisé comme décor de plusieurs films dont Le Viager (Pierre Tchernia, 1972). Michel Serrault y joue le rôle d’un increvable employé quittant l’entreprise d’articles orthopédiques après 36 années de bons et loyaux services qui lui ont permis, "à force de persévérance et d’assiduité dans le travail", de se hisser du poste de manutentionnaire auxiliaire jusqu’à celui de sous-chef de la manutention…
Si possible, franchissez la porte cochère surmontée d’une enseigne Claverie pour jeter un œil sur la cour et les anciens ateliers.
La création de l’entreprise remonte à 1882 et à un orthopédiste, Charles Auguste Claverie, spécialiste du traitement des hernies.
Le succès amène la maison à se doter, en 1897, d’une usine à Romilly-sur-Seine, une commune de l’Aube active dans la bonneterie. Quelques années plus tard, elle modernise ses installations du faubourg Saint-Martin, en faisant notamment appel à Hennebique, le roi du béton armé.
![]() |
| L'usine de Romilly-sur-Seine (Aube) |
A la même époque, en 1900, son patron Charles Delbrel-Claverie s’offre une somptueuse résidence secondaire en Dordogne : les Milandes, un château Renaissance à Castelnaud-la-Chapelle. L’argent des corsets lui permet d’y effectuer de gigantesques travaux pour restaurer les bâtiments, construire de nouvelles tours, un chai, une ferme, créer un jardin à la française, etc.
Entre Paris et l’Aube, "la firme occupe 225 ouvriers et 75 employés" en 1911, indique une présentation rédigée à l’occasion de l’exposition internationale de Turin, avec cette précision: "elle a créé une société de secours mutuels et de retraites pour ses ouvriers".
Dans les années 1920, Claverie dispose aussi d’un deuxième atelier parisien, situé 14 rue Alexandre Parodi, tout à côté du siège historique.
Mais la mort de Charles Claverie en 1914 puis la crise des années 1930 portent visiblement préjudice à l'entreprise. La marque semble s'évanouir à la fin des années 1930.
Quant au château des Mirandes, il est revendu par la veuve de Charles Claverie en 1932 et arrive en 1947 entre les mains d’une ancienne cliente de la maison: Joséphine Baker.
![]() |
| Publicité pour les corsets Claverie (1928) |
![]() |
| Michel Serrault devant l'immeuble Claverie, dans Le Viager (1972) |















